Vol1, N14 (Juin 2026) SERIE ECONOMIE ET GESTION

Jules Feudjo

Résumé


Ce numéro rassemble sept (7) contributions scientifiques, dont un (1) article dans le dossier Économie et six (6) articles dans le dossier Sciences de Gestion. Les travaux publiés abordent des problématiques contemporaines relatives à la gouvernance, à l’informalité, aux transformations organisationnelles, aux innovations managériales et aux dynamiques d’appropriation des dispositifs institutionnels et technologiques en Afrique. À travers leurs approches théoriques et méthodologiques variées, ces contributions participent à l’enrichissement des débats scientifiques sur les trajectoires de développement des économies africaines.

Le dossier Économie s’ouvre avec l’article de CHE Sergeo BENG et ONGO NKOA Bruno Emmanuel. Il consacre l’effet de seuil de l’informalité historique sur la relation entre gouvernance et diversification économique en Afrique. À partir d’une estimation en système GMM portant sur 46 pays africains, les auteurs mettent en évidence un effet modérateur non linéaire de l’économie informelle sur l’efficacité de la gouvernance en matière de diversification économique. Les résultats révèlent qu’au-delà d’un seuil critique de 43,43 % du PIB, l’informalité devient une inertie structurelle qui neutralise les effets positifs des réformes de gouvernance. Les implications de cette étude invitent les décideurs africains à renforcer les politiques de formalisation, la numérisation des services publics et l’institutionnalisation des droits économiques.

Le dossier Sciences de Gestion regroupe six contributions portant sur des problématiques organisationnelles et institutionnelles majeures. Dans le premier article, SEDO Sénana Kodjovi Wuayi, analyse les tensions paradoxales auxquelles sont confrontées les très petites entreprises engagées dans des communautés de pratique sponsorisées. L’auteur montre que la conciliation entre efficience économique et empowerment des apprentis nécessite des mécanismes de gestion hybrides fondés sur la coopération, la transmission des savoirs et la régulation des intérêts divergents.

Le deuxième article, proposé par Bertrand SOGBOSSI BOCCO et Abdou Kadiri IMOROU, questionne les entraves à l’adoption du mobile banking en Afrique. À travers une démarche exploratoire, les auteurs mettent en évidence plusieurs facteurs limitant l’appropriation des services financiers numériques, notamment les perceptions de risque, les contraintes technologiques, le déficit de confiance et les insuffisances infrastructurelles. L’étude souligne ainsi les enjeux d’inclusion financière liés à la transformation digitale des services bancaires en Afrique.

Dans le troisième article, Georges Bernard Goufan à Rim et Viviane Ondoua Biwolé requestionnent les facteurs d’appropriation des outils du contrôle de gestion dans les organisations. Les résultats de cette investigation indiquent que l’efficacité de ces dispositifs dépend fortement des dynamiques organisationnelles, des compétences des acteurs, ainsi que du contexte institutionnel et culturel dans lequel ils sont implantés. Cette contribution met en évidence les défis de modernisation de la gestion publique en Afrique.

Le quatrième article porte la plume de Kossi AFFO et Kofi FIANYO. Ces deux auteurs questionnement le dispositif de Validation des Acquis de l’Expérience (VAE) en contexte africain. Ils dressent un état des lieux des pratiques existantes et identifient les perspectives stratégiques susceptibles de favoriser la reconnaissance des compétences professionnelles acquises hors des cadres formels de formation. L’étude insiste sur le rôle de la VAE dans le développement des compétences, l’employabilité et la professionnalisation des systèmes éducatifs africains.

Le cinquième article de ce dossier, signé EL ADRAOUI Hayat, explore le lien entre engagement organisationnel et comportements citoyens des cadres dirigeants marocains à travers le rôle du leadership, de la justice sociale et de l’intelligence artificielle. Les résultats de cette recherche mettent en évidence l’importance des pratiques managériales équitables et du leadership transformationnel dans le développement des comportements organisationnels favorables à la performance collective, dans un contexte marqué par la montée progressive des outils d’intelligence artificielle.

Enfin, le sixième et dernier article du dossier Sciences de Gestion, proposé par, Ibrahima Hamoro KEITA, Nestor Roland OMBIA ONANA et Serge Francis SIMEN, porte sur la résilience frugale et le bricolage stratégique dans les très petites entreprises africaines. En investissant au Sénégal, au Cameroun et au Mali, ils analysent les capacités d’adaptation développées par les TPE dans des environnements complexes. L’étude met en évidence le rôle du bricolage stratégique, de l’innovation frugale et des logiques de débrouillardise organisationnelle comme mécanismes de survie et de performance. Les questions posées et les réponses obtenues ouvrent des perspectives importantes dans la compréhension des modèles entrepreneuriaux émergents sur le continent.

Dans leur diversité et leur complémentarité, les contributions réunies dans ce 14e numéro apportent un éclairage pertinent sur les mutations économiques, institutionnelles et organisationnelles qui traversent les sociétés africaines. Elles traduisent la vitalité de la recherche scientifique africaine et sa capacité à proposer des analyses utiles à la compréhension des enjeux de gouvernance, de transformation économique et de management des organisations. Ces travaux renforcent ainsi la mission de la RAMRES de promouvoir une recherche au service du développement de la société africaine.


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