Persistance des géohelminthes en milieu hospitalier pédiatrique dans la banlieue dakaroise au Sénégal.

Jean Baptiste Niokhor Diouf

Résumé


Introduction : Les maladies tropicales négligées (MTN) posent un véritable problème de santé publique. Parmi ce groupe de pathologie les helminthiases transmises par le sol ou géohelminthiases font partie des infections les plus répandues dans le monde. Afin de réduire l’ampleur de ces affections, le Ministère de la Santé du Sénégal a introduit en 2005 le déparasitage de masse systématique des enfants conformément aux recommandations de l’OMS. L’objectif de ce travail est de déterminer la prévalence des géohelminthiases et le profil anémique et nutritionnel des sujets parasités quelques années après l’instauration de la chimiothérapie préventive.

Matériels et méthodes : Une étude rétrospective descriptive allant du 1er mars au 31 décembre 2013 est réalisée au niveau du service de pédiatrie du Centre Hospitalier Roi Baudouin de Guédiawaye. Pour chaque enfant reçu, un examen direct de selles et  après concentration par technique de Ritchie étaient effectués .L’état nutritionnel et les paramètres hématologiques étaient également appréciés.

Résultats : Un effectif de 402 enfants avait participé à l’étude, avec un âge moyen de 66,8 mois et une prédominance masculine (52,5%). Au total, 183 enfants étaient porteurs de parasite soit une prévalence globale de 45,5%.  Les helminthes était beaucoup plus représentatifs (77,6%) que les protozoaires (22,4%) et les espèces parasitaires les plus fréquentes étaient Ascaris lombricoïdes, Trichuris trichiura  et Giardia intestinalis. L’état nutritionnel était normal chez 106 enfants parasités soit 60,9% des cas  tandis que 23% et 16,1% avaient respectivement une malnutrition aigüe modérée (MAM) et une malnutrition aigüe sévère (MAS). Nous avons noté une association significative entre la parasitose intestinale et la MAM (p=0 ,018 et OR=1,74) d’une part et entre la parasitose intestinale et la MAS d’autre part  (p=0 ,021 et OR=1 ,89). L’anémie était sévère chez 9,8% des enfants parasités et modérée chez 53% de ces mêmes enfants. Il existait un lien entre les parasitoses intestinales et la survenue d’une anémie modérée (p=0,006 et OR=1,69).

Conclusion : La prévalence des helminthes restent élevée en banlieue dakaroise malgré le déparasitage de masse. L’amélioration des conditions de vie et l’élargissement du déparasitage aux enfants de plus de 5 ans pourrait rendre plus efficiente cette stratégie.


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Rev. CAMES SANTE  - ISSN 2424-7243